
Ce sujet, c’est Émile, un ancêtre dont Françoise Bossoutrot a retrouvé la trace grâce à des photos et des papiers découverts dans le grenier de la maison maternelle à la faveur d’un déménagement. Et celle qui avait toujours eu envie d’écrire mais n’avait pu jusque là se consacrer à l’écriture, a décidé de travailler sur la vie de ce personnage, né en 1855 et mort en 1927, afin d’en restituer le parcours au plus près de la vérité. S’en est suivi un long processus de recherches pour combler au mieux les lacunes dans la vie d’Émile, se documenter sur l’époque et trouver la forme à donner au récit. Quelque quatre ans plus tard, en février 2025, les 250 pages de La Ferme Metzger, la vie d’un exilé, était imprimées. (1)
« On était le 18 juillet 1871. Émile courait. Il se pressait pour passer de l’autre côté du Brézouard, tournant le dos au soleil levant. Il allait quitter l’Alsace occupée par les Allemands depuis que la guerre avait été perdue ». Ainsi débute le récit de la vie d’Émile Metzger, grand père de la grand-mère paternelle de Françoise Bossoutrot. « J’ai commencé par vouloir raconter sa vie par le début, sa naissance, et finalement, j’ai préféré commencer par la fuite, un acte fondateur, une seconde naissance », explique l’autrice. À seize ans, exilé à Paris, Émile va donc devoir construire seul sa vie.
Une vie sur laquelle Françoise Bossoutrot ne dispose au départ que de quelques éléments, issus des papiers et photos trouvés dans ce grenier. Lesquels lui apprennent qu’Émile était exilé d’Alsace, qu’il avait eu une ferme à Santeuil, qu’il menait une double vie entre Paris et Santeuil, qu’il avait eu sept enfants dont seuls deux lui avaient survécu, qu’il se servait d’une machine à écrire.

Si Françoise Bossoutrot est née à Paris, une partie de sa famille est originaire du Vexin, cette région d’Île-de-France où se trouve Santeuil, le village où Émile aura une maison de campagne puis une ferme et où elle-même habite. Elle aime la campagne et le XIXe siècle, en particulier dans sa seconde moitié, sans doute parce que « c’est une époque charnière, comme la nôtre, et quand on lit des textes d’intellectuels, de journalistes de l’époque, ils ont les mêmes interrogations, préoccupations… c’est très intéressant », nous avait-elle confié en 2009, lors de notre première rencontre, à Auvers-sur-Oise où elle tenait alors un restaurant, une nouvelle étape dans sa vie professionnelle après plusieurs années dans le domaine de la communication d’entreprise (2).
Ajoutons le désir d’écrire, depuis toujours – s’il n’y avait eu le veto paternel, elle aurait fait des études de journalisme – et la disponibilité offerte par la retraite et les quatre enfants devenus adultes, et voilà réunies toutes les conditions pour se consacrer à Émile et à l’écriture.

Animée par le souci d’ « écrire quelque chose qui soit de l’ordre du vrai », Françoise Bossoutrot entame alors un patient et minutieux travail de recherches en consultant les états civils à Freland, le village où Émile est né et où il a été élevé jusqu’à l’âge de sept ans par sa nourrice, à Mulhouse, où son père avait sa fabrique de tissus, Colmar, Paris et Orsay, d’où était originaire son épouse Renée; les contrats de mariage; les inventaires après décès, « une mine de renseignements, tout y est écrit », souligne-t-elle; les archives du Val d’Oise; Gallica, le site de la Bnf pour les journaux locaux; les Archives nationales.
La période qui a été la plus difficile pour ces recherches va de 1885 à 1914. « Là il a fallu inventer beaucoup de choses et utiliser les ‘légendes familiales’ », comme par exemple un Émile polyglotte parlant sept langues dont le chinois, ou traduisant en allemand Edmond Rostand. Sans que ce soit avéré, il en est question dans le livre. Mais les personnages, à de très rares exceptions près, ont vraiment existé et pour tisser son récit l’autrice a « utilisé des coïncidences de leurs parcours ». Des personnages souvent « passionnants » qu’elle a découverts au cours de ses recherches historiques, notamment des peintres, des artistes dont les noms sont aujourd’hui quasiment oubliés mais qui ont joui en leur temps d’une certaine notoriété. (3)

Et ce n’est pas le moindre intérêt et attrait de La Ferme Metzger que de faire revivre une époque sous tous ses aspects, historiques, socio-culturels, artistiques : « En fait on soulève une époque. Par exemple, j’ai lu plein de bouquins sur l’occupation allemande en Alsace », explique Françoise Bossoutrot. Et, bien sûr, il y a l’affaire Dreyfus qui va diviser la société française de 1894 à 1906. « Oui, Émile était plutôt Dreyfusard. et au journal où il travaillait alors l’affaire a tout fait exploser ». À propos de l’affaire Dreyfus, pour bien comprendre le cheminement de Clémenceau qui, « doutant au départ de l’innocence de Dreyfus, en sera trois mois plus tard absolument convaincu et s’en fera l’ardent défenseur« , l’autrice a lu tous les numéros du journal l’Aurore de cette période. Au final, « ça fait dix lignes dans le livre… ».

Au fil des pages on suit le parcours d’Émile, l’exilé animé d’une farouche volonté de ne plus l’être et de « réussir ». On accompagne ses rencontres et découvertes, son travail dans l’édition, ses succès et déboires, ses joies et malheurs, ses engagements, ses aspirations littéraires, sa vie amoureuse et familiale, puis sa transformation en « gentleman-farmer » et éleveur de chevaux. Une vie qu’on pourrait qualifier de romanesque : « Émile, c’est à la fois un homme ordinaire mais à qui il est arrivé beaucoup de choses, quelqu’un de touchant , qui voulait réussir, qui à la fois y est parvenu et à la fois a raté. La guerre de 14-18 a tout fait voler en éclats. »
Mais La ferme Metzger lui aura donné une seconde vie…
(1) Éditions Librinova (le livre peut être commandé chez l’éditeur, chez un libraire ou sur Place des Libraires)
(2) Pour en savoir plus sur cet aspect de la vie de l’autrice, cliquer ici
(3) Bienvenu, un glossaire en fin d’ouvrage recense tous les personnages

Le Musée d’Art et d’Histoire de l’hopital Sainte-Anne, après avoir exploré sous l’angle historique et archéologique le Plancher de Jeannot lors d’une précédente exposition (1), en propose une nouvelle lecture, cette fois comme une œuvre à part entière. Laquelle, dans l’exposition L’invention d’une écriture, Le Plancher de Jeannot et les œuvres de ( ..), est amenée à dialoguer avec une quarantaine d’écrivains et artistes des années 1950 à 2000 au fil d’un parcours thématique où l’on retrouve, entre autres, les noms de Roland Barthes, Pablo Picasso, Henri Michaux, Niki de Saint-Phalle …



















Avec cette nouvelle exposition, l’Observatoire de l’Espace, le laboratoire culturel du CNES (Centre national d’Études spatiales) inaugure sa programmation hors les murs consacrée à l’art contemporain. L’Institut national d’Histoire de l’Art (INHA) accueille les oeuvres de quatre artistes – Clément Fourment, Juliette Green, Hippolyte Hentgen et Aurélie Pagès – réalisées à partir de documents sur l’histoire spatiale. Une exposition qui s’inscrit dans le cadre des actions entreprises depuis plus de vingt ans par l’astrophysicien Gérard Azoulay, fondateur et animateur de l’Observatoire de l’Espace, dans le but de susciter des rapports nouveaux entre la culture, l’art et l’Espace

C’est dans le bel espace du nouveau et très riche musée du verre François Décorchemont, à Conches-en-Ouche dans le département de l’Eure, que les visiteurs peuvent découvrir jusqu’au 26 novembre 2023 les 150 pièces provenant de la donation effectuée en février 2023 par le couple Vitrat. Elles ont toutes été réalisées dans les verreries Legras, dans la Plaine Saint-Denis et à Pantin, qui doivent leur nom au maître verrier



La galerie Signatures à Paris présente jusqu’au 7 décembre 2022 « Echappées », une exposition de Florence Levillain qui réunit deux séries oniriques : « Nébuleuse » et « Au pied de la lettre ». La première s’attache aux aspirations, interrogations et réflexions d’une jeunesse post-covid dont la vie a été bouleversée et les espoirs contrariés par le confinement. Dans la seconde, la photographe s’est emparée d’expressions idiomatiques – lever l’ancre, enfoncer des portes ouvertes, etc – pour les représenter dans leur sens littéral. La série « Au pied de la lettre » fait l’objet d’un livre publié sous le même titre aux éditions Actes Sud junior.
Dernier Fonds régional d’art contemporain à ne pas disposer d’un espace de réserve propre, le Frac Île-de-France vient de combler cette lacune, avec un nouveau site à Romainville, Les Réserves, implanté au cœur du nouveau pôle d’art contemporain de l’Est parisien et inauguré officiellement en mai 2021. Après le transfert des 2078 œuvres de la collection, une nouvelle étape a été franchie le 22 juin dernier, avec l’ouverture d’espaces dédiés à la présentation d’oeuvres choisies par le public via l’application Sors de ta réserve.com . Pour ce premier accrochage, 33 oeuvres d’autant d’artistes ont été sélectionnées, tous médiums confondus. 














Voilà une bonne question sur laquelle se sont penchés Patrice de Moncan et Debra Finerman dans ce nouvel ouvrage « Leurs vins préférés, Légendes historiques & Stars actuelles ». 





